La viande bovine en France : un élevage façonné par les terroirs

Des origines antiques

 

L’élevage bovin en France trouve ses racines dans une histoire agricole très ancienne, où chaque région, chaque vallée de montagne a progressivement sélectionné une race adaptée à son terroir, son climat et la difficulté de son sol. 

Longtemps, la vache a d’ailleurs rempli plusieurs fonctions à la fois : le lait, la traction pour le travail des champs, et la viande n’arrivait souvent qu’en bout de carrière de l’animal.

Le tournant
du XVIIIe et XIXe siècle

 

C’est aux XVIIIe et XIXe siècles que l’élevage français bascule vers une véritable logique bouchère, sous l’influence des races britanniques : du sang de bovins Durham est alors introduit dans plusieurs races du grand Nord-Ouest français, normande, armoricaine, rouge des prés, saosnoise, pour en améliorer le potentiel de production de viande. 

Ce travail français de sélection des races les plus productives sera d’ailleurs rapidement reconnu et copié à l’étranger. Plus tard, dans les années 1960, la race Hereford est importée à son tour et reconnue officiellement en France, avant que la Canadienne, race d’origine française exportée au Québec au XIXe siècle,  ne fasse un retour remarqué dans les années 1990, après une sélection rigoureuse.

Une mosaïque de races régionales

Avec plus de 50 races bovines répertoriées, la France peut se targuer de posséder l’une des plus grandes diversités d’élevage bovin d’Europe.

Les grandes races à viande, dites « allaitantes », se sont chacune enracinées dans un terroir précis : la Charolaise en Bourgogne, la Limousine dans le Limousin, la Blonde d’Aquitaine dans le Sud-Ouest, la Salers et l’Aubrac dans le Massif Central.

Ces races dominent aujourd’hui largement le cheptel allaitant national, avec la Charolaise à elle seule représentant 44 % des vaches allaitantes françaises, devant la Limousine (26 %).

Une filière économique de poids

En 2021, le cheptel bovin français comptait 17,3 millions de têtes, dont 3,9 millions de vaches allaitantes destinées à la viande.
La production de gros bovins et de veaux représente un chiffre d’affaires de plusieurs milliards d’euros, la viande bovine comptant pour environ 10 % de la production totale de l’agriculture française hors subventions. Une spécificité notable : contrairement à la plupart des autres pays où l’élevage allaitant reste une activité secondaire, la France a vu ses exploitations allaitantes spécialisées devenir majoritaires, portées par des structures largement familiales, avec des troupeaux de 40 à 80 vaches en moyenne.

Des régions d’élevage façonnées par la géographie

La répartition territoriale de l’élevage bovin viande n’a rien du hasard : elle épouse les massifs montagneux et les zones herbagères peu propices aux grandes cultures,  Massif Central, Limousin, Charolais bourguignon, où l’élevage extensif sur prairie reste le mode de production dominant.
Cette géographie s’appuie aussi sur des filières organisées autour de coopératives et de signes de qualité reconnus, à l’image des veaux de l’Aveyron et du Ségala.

Les races de vaches à viande (allaitantes) — traditionnelles

Les races à viande — rustiques (montagne)

Les Races laitières

Les Races mixtes (lait et viande)

Les Races de conservation (moins de 1 000 vaches chacune)

Ces douze races (dont la Bretonne Pie Noir) ont frôlé la disparition dans les années 1960,
avant de bénéficier de programmes

de conservation qui ont permis de reconstituer leurs effectifs
à partir de très peu d’animaux.

Autres races laitières/mixtes reconnues

Curiosité : les races de combat (corrida)

Trois races françaises, d’origine ou d’influence espagnole, sont exclusivement destinées aux courses camarguaises ou corridas et ne sont ni laitières ni bouchères au sens classique :

Brava (taureau de combat / toro de lidia)
Marine landaise (Landes, course landaise)
Betizu (Pays basque, race semi-sauvage de montagne)