Origine de la race

La Mirandaise (ou Gasconne aréolée) est une race bovine française originaire du Gers, dans le Sud-Ouest de la France

Elle est proche de la Gasconne des Pyrénées, mais s’en distingue principalement par :

  • Le contour rosé des yeux et des muqueuses.
  • Le contour blanc des oreilles.

Elle appartient au rameau des grises des steppes, descendant du cheptel amené par les Wisigoths au VIe siècle

Son nom fait référence à sa région d’origine, la localité de Mirande dans le Gers.

Fusion et séparation avec la Gasconne
  • 1897 : Ouverture du livre généalogique de la Mirandaise.
  • 1955 : Fusion administrative avec la Gasconne (originaire de l’Ariège), qui se distingue par ses muqueuses noires.

Cependant, cette fusion n’a pas été appliquée sur le terrain, et les deux populations sont restées distinctes.

  • Années 1960 : Infusions de semence Piémontaise ont été réalisées. Les animaux croisés ont ensuite été éliminés de la sélection pour préserver la pureté de la race.
  • Résultat : La Mirandaise est réinscrite au catalogue des races françaises.
 
Effectifs
  • 2004 : 1 400 animaux, dont 530 vaches et 30 taureaux inscrits.
  • 2020-2024 : 848 femelles de tout âge, avec une progression de 10 % par an depuis 2020.
 
Morphologie

La Mirandaise est une vache de grande taille :

  • Femelles : 1,38 m au garrot, 650 kg.
  • Mâles : 1,50 m au garrot, 900 kg.

Caractéristiques distinctives :

  • Robe : Gris clair, parfois nuancée de roux.
  • Muqueuses sombres (comme la Gasconne), mais :
    • Tour des yeux rosé (d’où le terme « aréolée »).
    • Contour de la vulve et des testicules rosé.
    • Bord des oreilles dépigmenté (blanc).
  • Onglons noirs.
  • Cornes : Blanches aux extrémités noires.
  • Œil vif et sombre.
  • Taille légèrement plus grande que la Gasconne, mais cette dernière a un meilleur développement musculaire.

 

Une race rustique et polyvalente
  • Travail : Réputée pour la puissance de ses bœufs, capables de réaliser les travaux des champs dans des terrains lourds et escarpés (coteaux gascons).
  • Rusticité : Résiste bien à la chaleur.
  • Tempérament : Calme et docile.
  • Adaptation à la mécanisation : Devenue une bonne race allaitante, avec une viande savoureuse et peu grasse, bien que moins productive que la Gasconne ou la Blonde d’Aquitaine.
  • Fécondité : Très bonne.
  • Développement squelettique : Membres très solides.
  • Vêlage : Sans difficultés.
 
Élevage

La Mirandaise est élevée sur les coteaux escarpés du Gers, dans des systèmes traditionnels produisant une grande variété d’animaux :

  • Veau de boucherie.
  • Broutard vendu maigre.
  • Vache de réforme.
  • Bœuf de 3 à 5 ans.
 
Valorisation de la viande
  • Filière « Lou Bedet » : Commercialisation de veaux gras âgés de 4 à 5 mois.
  • Projet Slow Food : La viande de Mirandaise est recensée dans l’Arche du Goût (produits alimentaires de qualité menacés de disparaître).
  • Collaboration avec le lycée agricole de Mirande : Développement d’une filière de bœufs, produit traditionnel de la région.
 
Sauvegarde
  • 1981 : Programme de conservation créé à l’initiative de l’Institut de l’Élevage, avec le soutien de :
    • Fédération interdépartementale de la race Mirandaise.
    • Établissement départemental de l’élevage du Gers.
    • UPRA Gasconne.
    • Conservatoire du patrimoine biologique régional de Midi-Pyrénées.
  • Inventaire des animaux : 150 vaches et 1 taureau identifiés initialement.
    • 1 taureau prélevé pour l’insémination artificielle.
  • Livre généalogique : Tenue à jour, avec des visites régulières des élevages.
  • Stock de semence : 16 taureaux Mirandais disponibles en insémination artificielle (via la coopérative Midatest).
  • Promotion de la race : Efforts pour obtenir un label de qualité autour de la viande de Mirandaise.
  • Soutien financier : Conseil général du Gers aide la fédération Mirandaise depuis 1995.
  • 1998 : La fédération Mirandaise se sépare de l’UPRA Gasconne pour gérer la race indépendamment.
  • Organisme de sélection commun : Géré avec 12 autres races locales à petits effectifs (Armoricaine, Béarnaise, Bordelaise, Bretonne Pie Noir, Aure-et-Saint-Girons, Ferrandaise, Froment du Léon, Lourdaise, Maraîchine, Nantaise, Saosnoise, Villard-de-Lans).
 
Diffusion
  • Berceau : Vallée de la rivière Miranda, entre Masseube et Fleurance (Gers).
  • Répartition actuelle : Principalement dans la partie sud des arrondissements de Mirande et Lombez.
 
Enjeux actuels
  • Maintien de la race : Éviter la consanguinité dans une population encore limitée.
  • Valorisation économique :
    • Viande : Filière « Lou Bedet », Arche du Goût (Slow Food).
    • Adaptation aux systèmes traditionnels (coteaux escarpés, rusticité).
  • Préservation du patrimoine :
    • Race emblématique du Gers.
    • Symbole de la résistance des éleveurs face à la disparition des races locales.
 
La Mirandaise dans la culture locale

La Mirandaise est une race identitaire du Gers, symbole de l’élevage traditionnel gascon

Son sauvetage et sa renaissance illustrent l’importance de la préservation des races locales et de la biodiversité domestique

Elle incarne également la fierté des éleveurs gascons de préserver leur patrimoine agricole.