La Saosnoise
Origine de la race
La Saosnoise est une race bovine française à viande, originaire du Saosnois (nord de la Sarthe, Pays de la Loire).
Elle a été constituée au début du XXe siècle à partir de races locales (Percheronne, Mancelle) avec des apports de sang extérieur :
- Durham (Shorthorn).
- Normande.
- Maine-Anjou.
Formation de la race
Elle serait issue de la fusion de trois populations :
- Une population de Mancelle, non croisée avec la Shorthorn lors de la création de la Rouge des Prés au XIXe siècle.
- Une population de Percheronne, ayant contribué à la création de la Normande, mais ayant échappé aux croisements.
- Une population de Shorthorn restée en race presque pure jusqu’aux années 1950.
Ces trois populations voisines géographiquement ont fini par ne former plus qu’une seule race.
Historique et reconnaissance
- 1939 : Création de la Société des éleveurs de la race bovine du Saosnois et établissement d’un standard de race. Cette initiative a été interrompue par la Seconde Guerre mondiale.
- Aujourd’hui : Pas de herd-book, mais une reconnaissance officielle en 2018 avec l’attribution d’un code race 88 par le ministère de l’Agriculture.
- 1997 : Création de l’Association pour la promotion et la valorisation des animaux du Saosnois.
- Programme de préservation :
- Recherche des troupeaux existants et répertoriage des individus.
- Sélection des animaux les plus représentatifs.
- Diffusion des taureaux les plus intéressants via l’insémination artificielle.
- Circulation de l’information entre éleveurs.
Effectifs
- Race à effectif restreint : Moins de 7 500 femelles reproductrices (seuil pour éviter d’être considérée comme disparue).
- 2018 : 900 vaches reproductrices, dont 50 % en race pure.
- 31 taureaux, dont 31 % disponibles en insémination artificielle.
Morphologie
La Saosnoise est une vache de grand format :
- Femelles : 1,40 m au garrot, 800 kg.
- Mâles : 1,50 m au garrot, 1 300 kg.
Robe : Généralement rouge-blond, mais on distingue cinq sous-robes :
- Caille ou caille-blond : Taches rouge-blond aux contours parfois hachurés.
- Manceau :
- À lunette ou non.
- Robe couverte (type Abondance) ou fragmentée (type Montbéliarde).
- Dominance rouge, avec des pattes et ventre blancs.
- Percheronne : Membres colorés, « picotures » de rouge et de noir dans le blanc.
- Augeron : Blanc avec petites taches sur les flancs.
- Durham : Petites taches sur toute la robe.
Autres caractéristiques :
- Muqueuses claires, parfois teintées.
- Cornes blanches ou jaunes, généralement dirigées vers l’avant, mais aussi parfois horizontales ou légèrement montantes
Une race à vocation bouchère
- Historique : Race à utilisation multiple (lait, viande, traction).
- Aujourd’hui : Vocation bouchère principale.
- Adaptation :
- Bien adaptée au pâturage.
- Rustique, avec un caractère doux.
- Supporte bien les différences de température et les périodes d’humidité prolongées.
- Production laitière : 3 000 à 3 500 kg de lait par lactation (bien que la race soit désormais orientée viande).
- Qualités bouchères :
- Ossature fine sous une musculature développée → Race lourde à bon rendement en viande.
- Adaptée à la production de carcasses lourdes (taurillons, vaches, taureaux).
- Viande rouge et fine, avec un persillé délicat, rappelant celle de la Normande (dont elle partage localement la renommée).
- Présence du gène culard dans la population.
Avantage pour les éleveurs
- Variabilité des couleurs : Permet de reconnaître les individus sans numéro d’identification, préservant un côté humain du travail de l’éleveur (surtout pour les petits troupeaux).
Statut et sauvegarde
- Race à faible effectif : Moins de 1 500 femelles reproductrices en 2018.
- Programme de conservation :
- Depuis 1998 : Intégrée à un programme de conservation des races.
- Géré par le CRAPAL (Conservatoire Régional des Races en Pays de la Loire).
Enjeux actuels
- Maintien de la race : Éviter la consanguinité dans une population encore limitée.
- Valorisation économique :
- Viande de qualité : Carcasses lourdes, persillé délicat, renommée locale.
- Adaptation aux systèmes traditionnels (pâturage, rusticité).
- Préservation du patrimoine :
- Race emblématique de la Sarthe et des Pays de la Loire.
- Symbole de la résistance des éleveurs face à la disparition des races locales.
La Saosnoise dans la culture locale
La Saosnoise est une race identitaire du Saosnois et des Pays de la Loire.
Son sauvetage et sa reconnaissance officielle illustrent l’importance de la préservation des races locales et de la biodiversité domestique.
Elle incarne également la fierté des éleveurs sarthois de préserver leur patrimoine agricole et leur savoir-faire traditionnel.
Sa viande de qualité et son adaptation aux systèmes extensifs en font une race unique et emblématique de la région.




