La Parthenaise

Origine de la race

La Parthenaise est une race bovine française originaire de la région de Parthenay, dans les Deux-Sèvres (Poitou-Charentes)

Elle se caractérise par une robe fauve-froment unie et des muqueuses noires

Elle appartient à la branche fauve du rameau brun, comme sa cousine l’Aubrac.

Histoire ancienne
  • VIIe-VIIIe siècles : Selon une hypothèse, elle serait arrivée dans la région avec le bétail arabe lors des migrations arabes en Europe via l’Espagne. Après la bataille de Poitiers (732), les troupes omeyyades en fuite auraient laissé derrière elles leurs troupeaux, trop encombrants pour leur retraite.
  • Milieu du XIXe siècle : Eugène Gayot la baptise « Parthenaise », désignant ainsi la population de bovins à robe fauve qui peuplait alors l’ouest de la France, entre la Loire et la Gironde.
 
Essor et déclin
  • 1893 : Création de son livre généalogique. À cette époque, elle est la troisième race française en effectifs, avec plus d’un million d’individus.
  • Fin XIXe siècle : Son essor est lié à la crise du phylloxéra dans le vignoble de Cognac. Les vignerons, dans l’impossibilité de replanter, se reconvertissent dans la production laitière avec des vaches Parthenaises, réputées pour leur beurre des Charentes.
  • XXe siècle :
    • Replantations des vignesbaisse de la demande en lait.
    • Mécanisation (fin de la production de bœufs de trait).
    • Concurrence des races laitières spécialisées (Prim’Holstein, Normande).
    • Abus des croisements industrielseffondrement des effectifs.
  • 1965 : Seulement 12 éleveurs enregistrent leurs animaux au livre généalogique.
  • 1980 : 7 850 vaches Parthenaises.
  • Années 1980 : Relance de la race en abandonnant la traite et en se reconvertissant vers l’élevage allaitant.
  • 2004 : 60 000 animaux, dont 22 000 vaches (9 500 inscrites au herd-book).
    • 99 % des vaches reproduisent en race pure.
    • 600 taureaux (210 inscrits au herd-book).
    • 25 % en insémination artificielle, 10 % en croisements.
  • 2010 : 40 000 vaches reproductrices.
 
Morphologie

La Parthenaise est une race de taille moyenne et moyennement lourde :

  • Femelles : 1,35 m au garrot, 800 kg.
  • Mâles : 1,45 m au garrot, 1 000 à 1 100 kg (les plus lourds peuvent atteindre 1 200 kg, comme Sansonnet).

Caractéristiques distinctives :

  • Robe : Unie fauve, allant du froment clair au foncé, voire gris.
  • Fouet, muqueuses et contour des oreilles : Noirs.
  • Contour des yeux, du mufle, bout des pattes et dessous du ventre : Fauve clair.
  • Cornes : Courtes, en forme de croissant.

 

Une race à viande
  • Historique : Race mixte (lait, viande, travail).
    • Lait : Taux butyreux élevé, bien adapté à la production de beurre.
    • Travail : Bœufs de trait réputés.
  • Aujourd’hui : Exclusivement utilisée comme race à viande (la traite a été abandonnée).
    • Qualités bouchères :
      • Viande vermeil (rouge clair), finesse, tendreté et jutosité des chairs.
      • Conformation musculaire excellente, avec peu de gras et un squelette fin.
      • Fort rendement de viande nette commercialisable, avec un pourcentage élevé de viandes nobles à griller (les plus recherchées).
    • Vache mère :
      • Bonne mère : Fertile, 91 % de vêlages faciles, bonne nourrice.
      • Vitesse de croissance moyenne du veau, mais non adaptée à la production de veau « sous la mère ».
      • Rusticité : Peut passer les trois quarts de l’année dehors.
      • Bonne transformatrice de fourrage, très performante avec une nourriture adaptée.
    • Croisements : Peu utilisée pour les croisements avec d’autres races.
 
Sélection
  • Années 1970 : La sélection s’oriente vers la production de viande, tout en conservant une bonne capacité laitière chez les vaches.
  • 2012 : Le schéma de sélection s’appuie sur :
    • 14 000 vaches contrôlées, dont 6 000 bénéficient d’une qualification (bonne morphologie et bonne production laitière).
    • 90 à 100 mâles sélectionnés chaque année sur leur qualification raciale et leurs performances en ferme.
      • Station d’évaluation : Lycée agricole de Melle.
      • Mesures : Croissance, développement musculaire, développement squelettique, aptitudes fonctionnelles.
      • Sélection finale : Quelques-uns sont retenus pour l’insémination artificielle.
 
Diffusion
  • Berceau : Environs de Parthenay (Deux-Sèvres).
  • Extension historique :
    • Fin XIXe siècle : 1,1 million d’individus entre la Loire et la Garonne.
    • Aujourd’hui : Principalement dans les Pays de la Loire et le Poitou, notamment dans les Deux-Sèvres, la Vendée et le Maine-et-Loire.
  • Exportation :
    • Europe : Irlande, Royaume-Uni, Belgique, Suisse, Pays-Bas.
    • Monde : Canada, États-Unis, Mexique, Australie, Nouvelle-Zélande (volumes modestes).
  • Influence génétique : La diffusion de la Parthenaise au nord de la Loire a donné naissance à la Nantaise, présente jusqu’en Morbihan.
 
Label Rouge
  • 2003 : Création de l’Association de Promotion des Viandes de la race bovine Parthenaise (APVP).
  • 2006 : Label Rouge racial obtenu (publication au Journal officiel le 13 octobre 2006).
    • Cahier des charges strict pour une viande de qualité supérieure.
  • 2013 : 140 éleveurs engagés dans la démarche.
    • 30 points de vente répartis dans toute la France (noyau important dans le Sud-Est).
    • 1 000 vaches labellisées pour la 7e année d’existence du Label Rouge.
 
Enjeux actuels
  • Maintien de la race : Éviter la consanguinité dans une population en croissance.
  • Valorisation économique :
    • Viande Label Rouge : Qualité reconnue, commercialisation nationale.
    • Adaptation aux systèmes extensifs (pâturage, rusticité).
  • Préservation du patrimoine :
    • Race emblématique du Poitou et des Pays de la Loire.
    • Symbole de la reconversion réussie de l’élevage allaitant.
 
La Parthenaise dans l’économie locale

La Parthenaise est un pilier de l’élevage allaitant dans l’Ouest de la France

Sa viande de qualité, reconnue par le Label Rouge, en fait une race appréciée des consommateurs et des bouchers

Son sauvetage et sa reconversion illustrent l’importance de la préservation des races locales pour la biodiversité et l’économie rurale

Elle incarne également le patrimoine culturel et agricole du Poitou, avec une renommée croissante grâce à son Label Rouge.

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