Origine de la race
La Pie Rouge des Plaines est une race bovine française à vocation laitière, originaire de Bretagne.
Elle a été créée dans les années 1960 par un croisement d’absorption entre :
- La race Armoricaine (locale bretonne).
- Des bovins Pie Rouge originaires des Pays-Bas (MRY) et d’Allemagne (Deutsches Rotbunte).
Dans les années 1980, des apports de sang Holstein ont été réalisés pour améliorer ses aptitudes laitières.
Elle provient principalement d’une population Pie Rouge de Hollande, d’Allemagne et de Bretagne.
Formation de la race
- 1918 : Les éleveurs d’Armoricaines s’associent pour créer le Herd-Book Armoricain et développer une race mixte.
- Années 1960-1970 : Les éleveurs bretons choisissent une orientation laitière plus marquée et importent des vaches Pie Rouges allemandes et hollandaises (MRY et Rotbunte) ou des semences de taureaux pour les utiliser en croisement sur leurs souches Armoricaines.
- 1982 : Introduction de sang Red Holstein pour améliorer les performances laitières de la race.
Diffusion et effectifs
- Répartition : Principalement en Bretagne (80 % des effectifs), mais aussi en Normandie, dans le Centre et le Massif central.
- 2022 : 22 800 vaches, dont :
- 10 000 en contrôle laitier.
- 4 400 à l’organisme de sélection (France Pie Rouge).
- Particularité : La faiblesse des effectifs est compensée par :
- Un programme de testage commun avec l’Allemagne.
- Un accord avec les Allemands et les Néerlandais pour utiliser une banque commune de semence.
Morphologie
La Pie Rouge des Plaines est une race de moyenne à grande taille :
- Femelles : 1,45 m au garrot, 750 kg.
- Mâles : 1,50 m au garrot, 1 000 kg.
Caractéristiques distinctives :
- Robe pie rouge (sans ou avec des cornes).
- Cornes en croissant, dirigées vers le bas.
- Évolution de la taille : Jusqu’aux années 1970, c’était une race de petit format, mais les croisements ont conduit à une augmentation de la taille.
- Santé mammaire : Très bonne, avec une résistance aux mammites parmi les plus élevées.
Production
La Pie Rouge des Plaines est une race laitière à tendance mixte, axée sur la production de lait :
- Production moyenne : 9 262 kg de lait par lactation.
- Taux butyreux : 42,8 g/l (matière grasse).
- Taux protéique : 35,1 g/l.
- Valorisation bouchère :
- Morphologie adaptée pour une bonne valorisation des carcasses des vaches de réforme.
- Veaux issus de croisements terminaux (père de race bouchère) recherchés, car les taurillons sortent plus lourds des ateliers d’engraissement.
Sélection
- Historique : Longtemps sélectionnée pour sa mixité (production laitière de 20 L/jour et bonne valorisation bouchère).
- Années 1980 : Introduction de sang Prim’Holstein pour améliorer les aptitudes laitières, au détriment de la mixité.
- Aujourd’hui :
- Gène sans corne : Les organismes de sélection ont marqué et utilisé le gène sans corne de la race.
- Schéma de sélection indépendant : Contrairement à la Red Holstein (qui est une simple sélection de la Holstein sur la couleur de robe), la Pie Rouge des Plaines gère son propre schéma de sélection avec l’organisme de sélection bovine Innoval.
- Station d’embryons : 12 donneuses d’embryons accueillies.
- Production de taureaux : 10 à 12 taureaux produits chaque année, intégrés au catalogue de vente de semences pour l’insémination artificielle.
Enjeux et particularités
- Alternative aux races dominantes : La Pie Rouge des Plaines est une alternative à la Normande et à la Prim’Holstein dans les élevages laitiers de l’Ouest de la France, d’où provient la majorité des produits laitiers français hors AOC.
- Collaboration internationale :
- Programme de testage franco-allemand (depuis 1991) avec l’Unité de Sélection Pie Rouge Sélect et 6 centres d’insémination allemands (RUW).
- Accès à une banque commune de semence avec l’Allemagne et les Pays-Bas.
- Adaptation aux systèmes laitiers : Race performante dans les systèmes laitiers intensifs, avec une bonne santé mammaire et une production laitière élevée.
La Pie Rouge des Plaines dans l’économie laitière française
La Pie Rouge des Plaines est une race clé pour les élevages laitiers de l’Ouest, où elle concurrence la Normande et la Prim’Holstein.
Son lait riche en matières grasses et protéines en fait une race appréciée pour la transformation fromagère et laitière.
Sa rusticité et sa capacité à produire du lait en quantité tout en maintenant une bonne valorisation bouchère en font une race polyvalente et adaptée aux enjeux modernes de l’élevage laitier.




