L'élevage porcin en France : la Bretagne, capitale du cochon

Une industrialisation rapide de l’après-guerre

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, l’élevage porcin français reste largement artisanal : la plupart des fermes bretonnes, alors en polyculture-élevage, engraissent seulement quelques porcs par an. Le véritable basculement intervient dans les années 1950, avec l’essor de l’élevage « hors-sol », coupé de la terre et du pâturage, qui fait bondir les cheptels dans les décennies suivantes. La loi sur l’élevage de 1966 puis le plan de rationalisation porcine de 1970 accélèrent encore ce mouvement, en finançant la recherche génétique et la construction de bâtiments d’élevage industriels.

La Bretagne, moteur d’une filière organisée

Cette modernisation s’accompagne de la multiplication des coopératives bretonnes dans les années 1960, dont la Cooperl, aujourd’hui numéro un français du secteur. Résultat : dès 1970, 30 % du cheptel porcin français est déjà élevé en Bretagne. Cette concentration s’est encore renforcée depuis : la région détient aujourd’hui 56 à 58 % du cheptel porcin national, produit près de 60 % de la viande de porc française et fabrique un tiers de la charcuterie du pays.

Un cheptel concentré dans le Grand Ouest

Avec le troisième cheptel porcin de l’Union européenne, derrière l’Allemagne et l’Espagne, la France élève ses porcs presque exclusivement dans le grand Ouest : après la Bretagne, viennent les Pays de la Loire (11 %), la Nouvelle-Aquitaine (7 %), la Normandie (5 %) et les Hauts-de-France (4,7 %). Une géographie de production qui s’explique par la proximité historique des ports, des fromageries et des beurreries, dont les sous-produits servaient autrefois à l’engraissement des animaux.

Les races de sélection (utilisées en production intensive)

Les races locales rustiques (les 7 races patrimoniales françaises)