Origine de la race
La Froment du Léon est une race bovine française originaire du Pays de Léon, dans le nord de la Bretagne.
Elle appartient au rameau celtique et est génétiquement proche des races des îles Anglo-Normandes :
- Cousine de la Jersiaise.
- Ancêtre de la Guernesey.
Au XVIIIe siècle, une race nommée « Léonarde » ou « Léonaise » existait déjà, faisant partie d’une population rouge, froment ou pie rouge, commune avec celle de la Pie rouge de Carhaix (aujourd’hui disparue).
La sélection de la race a commencé en 1907 avec la création de son livre généalogique, à partir d’une race autochtone.
Menace d’extinction
Dans les années 1950, la Froment du Léon est menacée d’extinction, fortement concurrencée par la Normande puis la Prim’Holstein.
Elle ne subsistait plus que sur la côte nord de la Bretagne.
Sauvegarde et renaissance
- Années 1960 : Des croisements sont réalisés avec des reproducteurs Guernesey (en provenance de Grande-Bretagne et du Canada) pour limiter la consanguinité.
- Années 1990 : La race est placée sous le statut « en sauvegarde », avec seulement 48 femelles recensées.
- 2014 : Grâce à un travail sur le registre généalogique pour préserver la biodiversité, les effectifs remontent à 314 animaux, dont 10 taureaux.
- 2021 : Environ 500 femelles et 12 taureaux.
- 2024 : 80 % des femelles reproduisent en race pure, ce qui permet de maintenir, voire d’augmenter, les effectifs.
Morphologie
La Froment du Léon est une vache de moyen format :
- Femelles : 1,30 m au garrot, 500 kg.
- Robe : Froment (blond) uniforme, ou avec des parties blanches sur le ventre et le bas des membres.
- Muqueuses claires.
- Cornes de longueur moyenne.
Particularité : Selon Daniel Babo, la Froment du Léon aurait un caractère lunatique.
Une race laitière
- Production laitière : Environ 3 500 kg de lait par lactation.
- Lait très riche :
- Taux protéique : 35 g/l.
- Taux butyreux : 46 g/l (l’un des plus élevés).
- Crème colorée et beurre doré, grâce à sa richesse en carotène.
Qualités d’élevage
- Bonne mère : Nourrit bien ses veaux.
- Rentable en croisement avec un taureau de race bouchère.
- Race pure encouragée : Pour éviter une trop forte consanguinité, les éleveurs travaillent majoritairement en race pure.
Gestion et préservation
La Froment du Léon est aujourd’hui gérée et préservée grâce à :
- Le registre généalogique : Pour suivre et préserver la biodiversité de la race.
- Les éleveurs : 80 % des femelles reproduisent en race pure.
- Les croisements contrôlés : Avec des Guernesey pour éviter la consanguinité.
Enjeux actuels
- Augmentation des effectifs : 500 femelles en 2021 (contre 48 dans les années 1990).
- Préservation du patrimoine génétique : Maintien de la race en race pure.
- Valorisation économique :
- Lait de qualité (richesse en carotène, beurre doré).
- Croisements bouchers pour une meilleure rentabilité.
- Adaptation aux systèmes d’élevage locaux : Race rustique, adaptée aux conditions bretonnes.
La Froment du Léon dans la culture bretonne
La Froment du Léon est un symbole du patrimoine agricole breton.
Son sauvetage illustre l’importance de la préservation des races locales et de la biodiversité domestique.
Elle incarne également la résilience des éleveurs bretons face à la disparition des races traditionnelles.
Son lait riche et son beurre doré sont des atouts pour les produits laitiers de qualité en Bretagne.




