Origine de la race

La Simmental française est une race bovine mixte (lait et viande), apparentée à la Montbéliarde, avec laquelle elle partage des sources génétiques communes

Elle appartient à la grande famille des Pie rouge des montagnes.

Historique

  • Importation en France : Des populations bovines ont été introduites dans le Jura français au début du XIXe siècle en provenance de la vallée du Simmental (Oberland bernois, Suisse). Ces arrivées se sont poursuivies jusqu’au début du XXe siècle.

  • Absorption de races locales : La Simmental française a absorbé plusieurs races locales aujourd’hui disparues :

    • Fémeline.
    • Bressane.
    • Gessienne.
    • Race du Bugey.
    • Tachetée dauphinoise.
    • Simmental d’Alsace.
  • Herd-book : Ouvert en 1930 à Dijon sous le nom de « Tachetée de l’Est ».

  • Évolution des noms :

    • Tachetée de l’Est (1930).
    • Pie Rouge de l’Est (1960).
    • Simmental française (1993), pour souligner son appartenance à la grande famille Simmental mondiale.

Influences génétiques

  • Années 1950 : Apport de génétique Simmental suisse.
  • Années 1980 : Apport de Fleckvieh allemande

    .

Effectifs et répartition
  • Apogée : Après la Seconde Guerre mondiale, avec pratiquement 500 000 vaches (juste derrière la Normande).
  • Déclin : Dans les années 1960-1980, en raison de la spécialisation de l’agriculture (quotas laitiers, intensification). En 1989, seulement 10 145 vaches étaient suivies par le contrôle laitier.
  • Renaissance : Depuis les années 1990, la race se développe à nouveau, atteignant 15 476 vaches au contrôle laitier en 2019.
 
Répartition géographique :
  • Berceau : Franche-Comté (Jura).
  • Extension : Sud du Massif central, Bourgogne (Côte-d’Or), Haute-Marne.
  • Effectifs : 35 000 animaux en 2000, 40 000 en 2019.

 

Rôle dans les AOP fromagères :
  • Laguiole (avec l’Aubrac) dans le nord de l’Aveyron.
  • Comté (avec la Montbéliarde) dans le Massif du Jura.

 

Morphologie

La Simmental française est une vache de grande taille :

  • Femelles : 1,41 m au garrot, 750 kg.
  • Mâles : 1,55 m au garrot, 1 100 kg.

Caractéristiques distinctives :

  • Robe pie-rouge : Taches rouge clair à blondes couvrant presque la totalité des flancs et du dos.
  • Tête, ventre et pattes généralement blancs.
  • Race musclée, avec une mamelle bien développée et conformée.

 

Une race mixte : lait et viande

  • Production laitière :

    • 6 400 kg de lait par lactation.
    • Taux butyreux : 4,0 %.
    • Taux protéique : 3,3 % (bonne proportion pour la fabrication fromagère).
    • Fromages AOP : Comté, Mont d’Or, Morbier, Bleu de Gex (Massif du Jura), Laguiole (Massif Central).

 

Qualités d’élevage :

  • Taux de cellules microbiennes lié aux mammites plus faible que pour la Prim’Holstein, la Brune, la Montbéliarde et la Normande.
  • Intervalle entre deux vêlages plus court que pour les autres races laitières ou mixtes.
  • Longévité supérieure.
  • Taux de renouvellement annuel plus faiblePlus de veaux et génisses à vendre.
  • Capacité à ingurgiter de grandes quantités de fourrages grossiersValorisation des zones herbagères médiocres.

 

Qualités bouchères :

  • Bonne valorisation des carcasses : Poids moyen proche de 400 kg (vaches de réforme et taurillons).
  • Bonne conformation et rendement en viande.
  • Veaux de 3 semaines vendus plus chers que ceux d’autres races laitières.
  • Peu utilisée en croisement avec des races à viande.
  • Aux États-Unis : Élevée exclusivement pour sa viande.

 

Sélection

  • Le programme de sélection vise à :

    • Accroître la production laitière tout en conservant une bonne composition du lait (richesse en protéines et matières grasses).
    • Amélioration génétique :
      • 1989-2012 : La quantité annuelle moyenne de lait est passée de 4 500 kg à 6 000 kg.
    • Utilisation de l’insémination artificielle et de la cryoconservation de sperme et d’embryons.

 

Enjeux actuels

  • Développement des effectifs : Augmentation régulière depuis les années 1990, contrairement aux races spécialisées (Prim’Holstein, Brune) qui perdent des effectifs.
  • Adaptation aux nouveaux enjeux agricoles :
    • Polyvalence (lait et viande) appréciée dans un contexte où les races spécialisées montrent leurs limites.
    • Valorisation des fourrages grossiersAdaptation aux systèmes extensifs.
    • Rôle dans les AOP fromagères (Comté, Laguiole) → Maintien des systèmes traditionnels.
  • Exportation : Semence et embryons disponibles pour l’amélioration génétique dans d’autres pays.

 

La Simmental française dans l’économie locale

La Simmental française est un atout pour les filières fromagères (Comté, Laguiole) et bouchères (viande de qualité). 

Sa rusticité et sa polyvalence en font une race adaptée aux systèmes d’élevage variés, des zones montagneuses aux systèmes intensifs

Elle incarne également la renaissance des races mixtes face aux limites des races ultra-spécialisées.