Le tournesol en France : le soleil des champs du Sud-Ouest
Une plante venue d’Amérique
Le tournesol est originaire d’Amérique du Nord, où les peuples autochtones le cultivaient depuis des millénaires pour son huile, ses graines comestibles et ses vertus tinctoriales et médicinales.
Il traverse l’Atlantique au XVIe siècle grâce aux explorateurs espagnols, qui l’introduisent d’abord en Europe comme simple curiosité botanique dans les jardins.
Une culture française née dans le Languedoc
C’est au début du XVIIIe siècle que la plante s’implante véritablement en France, dans le Languedoc, en particulier autour de Massillargues et Lunel, près de Nîmes.
À cette époque, le tournesol n’a pourtant rien d’une culture oléagineuse : on récolte sa fleur pour produire une teinture destinée aux drapeaux et aux étoffes, ensuite exportée vers Lyon, l’Allemagne, la Hollande ou l’Angleterre pour teinter le vin.
La Russie,
berceau de l’huile de tournesol
C’est loin de la France que le tournesol révèle son potentiel oléagineux : au XIXe siècle en Russie, où l’Église orthodoxe interdisait la plupart des corps gras durant le Carême, l’huile de tournesol, absente des textes religieux, échappait à cette restriction et devint rapidement incontournable.
Les sélectionneurs russes travaillent alors à améliorer la teneur en huile des graines, qui atteint 40 %, posant les bases des variétés modernes.
Le XXe siècle :
l’essor dans le Sud-Ouest français
Le colza s’est depuis imposé comme la grande culture oléagineuse du pays. La France en est le premier producteur européen, avec environ 28 % des graines cultivées à l’échelle du continent, portées par près de 73 000 agriculteurs, pour une production qui avoisine 5,3 millions de tonnes de graines récoltées chaque année.
Il est cultivé dans la quasi-totalité des régions françaises, à l’exception notable du Sud-Est, avec pour bassins historiques le Grand Bassin parisien, Beauce, Champagne crayeuse, Picardie,ainsi que le Centre-Val de Loire et la Bourgogne-Franche-Comté.
Les rendements suivent un gradient croissant du sud vers le nord, porté par des conditions climatiques plus favorables.
Des chiffres en forte progression
La filière connaît une croissance spectaculaire depuis quelques années : les surfaces cultivées sont passées de 550 000 hectares en 2018 à plus de 830 000 hectares en 2023.
Cette même année, la récolte a atteint 2,1 millions de tonnes, un niveau plus vu depuis les années 1990, avec un rendement moyen de 25,8 quintaux par hectare, en forte hausse dans les régions historiques de production.
Le tournesol séduit notamment pour sa meilleure résistance à la sécheresse, un atout dans un contexte de changement climatique.
Une culture aux usages multiples
Au-delà de l’huile de table et des margarines, le tournesol se décline aujourd’hui en graines séchées et salées consommées directement, en tourteaux protéinés pour l’alimentation animale, et en bioproduits, encres, peintures, cosmétiques, biolubrifiants.
C’est aussi une culture reconnue pour son faible impact environnemental et son intérêt pour les pollinisateurs.
Histoire et Terroirs
Blé, colza, tournesol, maïs :
Découvrez l'histoire et les terroirs des céréales et oléagineux français, piliers de l'agriculture et de l'exportation nationale.




